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Allocution du Médiateur de la République du Mali lors de la 22 eme Session de l'EID

Actualités

Monsieur le Premier Ministre, Chef de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Madame et Messieurs les Présidents des Institutions de la République et Autorités Indépendantes,
Excellences Mesdames et Messieurs les Chefs de Missions Diplomatiques et Organisations Internationales,
Monsieur le Président de l’Association des Médiateurs des pays membres de l’UEMOA (AMP/UEMOA),
Monsieur le Président du Jury d’Honneur de la 22è Session de l’EID,
Honorables Hôtes de la République sœur du Niger,
Distingués Invités,
Mesdames, Messieurs,

En ce jour du 10 Décembre 2017, c’est un grand honneur et un réel plaisir, pour le Médiateur de la République du Mali, d’accueillir à la 22è Session de l’Espace d’Interpellation Démocratique (EID), tant d’hôtes de marque et d’invités distingués.
 Concomitamment à cette session, ensemble nous commémorons, aujourd’hui, le 70eme anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.
A toutes et à tous je souhaite la plus chaleureuse des bienvenues et un excellent séjour parmi nous.

Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement

L’ensemble du personnel du Médiateur de la République en charge de l’EID et moi-même, nous tenons à vous exprimer notre respectueuse gratitude pour votre présence et celle des membres de votre Gouvernement. Nous savons que c’est bien volontiers que vous vous astreignez à cette obligation démocratique, voulue par notre peuple ;  nous savons aussi tout l’intérêt personnel que vous accordez,  en tant que Chef de l’Administration de l’Etat, à cette activité dédiée à l’ancrage de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance au Mali.

Mesdames et messieurs,

Permettez-moi de saluer et de remercier encore une fois tous les hôtes de marque qui nous honorent de leur présence en ce jour.
Tout d’abord je m’adresse à notre Association des Médiateurs des pays membres de l’UEMOA (AMP/UEMOA) et à son Président Me Alioune Badara CISSE, Médiateur de la République du Sénégal qui, pour des raisons de force majeure ne peut être, malheureusement, avec nous aujourd’hui mais qui est représenté, ici, par notre Vice-Président, Monsieur Joseph GNONLONFOU, Médiateur du Bénin.

Chers Collègues, je voudrais, qu’en cet instant, nous nous rappelions  nos devanciers : ceux-là qui étaient à Ouagadougou en Octobre 2008, sous la houlette de notre Doyen le Pr Albert TEVOEDJERE, alors Médiateur de la République du Bénin, à qui je suis heureux d’adresser ici un chaleureux et respectueux salut fraternel pour son leadership ayant marqué la naissance et les  débuts de notre Association. A Ouagadougou en ce mois d’Octobre 2008 était donc créée l’AMP/UEMOA dont l’objet principal comporte, entre autres, l’approfondissement de l’Etat de droit dans nos pays respectifs, ainsi que le développement entre les institutions membres des échanges d’idées et d’expériences qui intéressent leur organisation et leur fonctionnement. Monsieur le Président de l’AMP/UEMOA, les motivations de notre Association, qui sont à la base de sa décision, pour laquelle nous lui exprimons toute notre reconnaissance, de venir participer à cette 22è Session de l’EID, ici à Bamako, sont pleinement conformes à l’objet principal de l’AMP/UEMOA défini à Ouagadougou en 2008. C’est qu’en effet, en plus d’informer l’opinion publique nationale et internationale sur l’état des Droits de l’homme au Mali, l’EID offre un espace pédagogique de dialogue entre gouvernants et gouvernés dont la finalité est l’ancrage de l’Etat de droit et l’instauration d’une culture démocratique nationale. L’EID est une idée en action qui s’expérimente et qui s’incarne dans le Forum auquel vous participez aujourd’hui. L’idée est née au lendemain de l’avènement de la démocratie pluraliste, au moment où notre pays voulait, par des symboles forts, renouveler son adhésion à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en commémorant la journée anniversaire de cette Déclaration le 10 Décembre et, en même temps, asseoir les fondements d’une  nouvelle culture démocratique nationale.

Monsieur le Président, en décidant de participer à cette 22è Session de l’EID, l’AMP-UEMOA non seulement apporte un appui qui témoigne de l’intérêt que le concept de l’EID suscite dans notre sous-région, mais aussi un appui qui honore notre pays et qui l’encourage dans sa quête d’un approfondissement de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance.
Mesdames et messieurs, Chers invités

Maintenant je voudrais m’adresser à l’honorable HAMA ASSAH, Président de la Commission « Défense et Sécurité de l’Assemblée Nationale de la République sœur du Niger ; pour saluer la décision de la Haute institution nigérienne d’envoyer une Délégation s’informer sur le concept de l’EID et sa mise en pratique. Pour cette marque d’intérêt nous exprimons notre respectueuse gratitude à la Haute Assemblée nationale du Niger et lui assurons que les services du Médiateur de la République du Mali, en particulier le Secretariat Permanent de l’EID,  se tiennent à leur entière disposition pour répondre à leurs attentes.

Enfin, Mesdames et Messieurs,  permettez-moi de saluer et de remercier vivement toutes les personnalités nationales et étrangères qui ont accepté de nous accorder de leur temps et de nous faire bénéficier de leurs compétences en acceptant d’être membres du Jury d’Honneur. En particulier je suis heureux d’accueillir les trois personnalités venue de l’Extérieur pour participer avec nous, au déroulement de cette 22è Session de l’EID.  Une mention particulière pour le Président du Jury Monsieur Abdessattar BEN MOUSSA, par ailleurs éminent membre du « Quartet de dialogue national Tunisien ». Ce Quartet, comme vous le savez, a obtenu le Prix Nobel de la Paix en 2015 pour le travail long et difficile porté par l’ensemble de la Société Civile tunisienne qui a permis de sauver le processus de démocratisation en Tunisie.  Le Monde entier a applaudi ce formidable rôle d’amortisseur social et politique que le Quartet a su insuffler au dialogue national dans le sillage de la « Révolution de Janvier de 2011 ». Le 10 Décembre 2015, Monsieur BEN MOUSSA,  vous étiez, avec le Quartet, à OSLO pour recevoir ce Prix Nobel. Aujourd’hui, 10 décembre 2017, auréolé de cette prestigieuse distinction vous avez accepté de présider le Jury d’Honneur de la 22è Session de l’EID, qui au Mali, modestement, organise chaque année, un espace de dialogue démocratique, entre Gouvernants et Gouvernés et joue aussi un rôle d’amortisseur social. Encore une fois merci Monsieur Abdessattar BEN MOUSSA ; doublement merci pour l’honneur que vous nous faites en présidant le Jury de cette 22è Session, et pour le bonheur que vous nous apportez avec l’esprit de la Paix du Prix Nobel.
Mesdames et Messieurs,
Me tournant,  maintenant, vers nos compatriotes je voudrais renouveler la sincère gratitude du Médiateur de la République aux organisations de la Société Civile pour leurs contributions précieuses aux activités de l’EID. Leur engagement constant dans la défense et la promotion des droits et libertés ainsi que dans la quête de justice et de paix constitue, toujours,  pour l’EID une source d’inspiration et d’appui. Aussi est-ce avec la même conviction que nous continuerons d’entretenir avec elles des  relations d’information et de coopération, mutuellement bénéfiques.
Par ailleurs, le Médiateur de la République,  se réjouit de la mise en place effective de la nouvelle Commission Nationale des Droits de l’Homme, en tant qu’Autorité administrative indépendante ayant pour mission, entre autres, de contribuer à « la protection et la promotion des droits de l’homme … ». Je voudrais renouveler ici l’entière disponibilité des services du Médiateur de la République, notamment le Secrétariat permanent de l’EID, à développer avec la nouvelle CNDH, toute forme de collaboration au service de la promotion et de la protection des droits  et des libertés dans notre pays.

Monsieur le Premier Ministre
Mesdames et Messieurs les membres du Jury d’honneur

L’année dernière, la 21è Session de l’EID avait enregistré 234 demandes d’interpellation dont 143 avaient été retenues. Sur ces 143, 22 avaient fait l’objet d’une lecture publique et 121 classées pour suite à donner par les différents départements ministériels. Au terme d’un processus de suivi permanent comprenant notamment deux réunions de suivi-relance et un atelier d’évaluation, le Secrétariat Permanent a obtenu les résultats suivants. Sur les 143 interpellations traitées, 117, soit 81,8 % ont reçu des suites positives, dont la totalité des 22 interpellations lues le 10 décembre 2016. Concernant les recommandations que le Jury d’honneur de la 21è Session, a adressées à certains départements ministériels, nous avons enregistré des réactions positives de la part du Ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et des Affaires foncières ainsi que du Ministère de la Solidarité et de l’Action humanitaire. D’autres recommandations du Jury font encore l’objet d’examen, au niveau de divers Ministères et autres organismes publics.

Pour la présente 22è Session de l’EID, nous avons enregistré 290 demandes d’interpellations, contre 234 en 2016. Sur ces 290 demandes, 173, soit 59,65 %,  proviennent des Régions de notre pays, et 117, soit 40, 34 % du District de Bamako. Le nombre total de dossiers retenus par la Commission préparatoire s’élève à 188 dont 39 pour « lecture publique » et 149 pour « suite à donner ». Ces 188 dossiers  interpellent 22 Départements ministériels. Ces chiffres laissent transparaître l’intérêt croissant de nos compatriotes pour  ce forum qu’est l’EID ;  même si nous devons déplorer la faible participation de l’élément féminin qui s’élève cette année à un peu plus de 8 % ainsi que de celle nos compatriotes vivant à l’Etranger.

Mesdames et Messieurs les membres du Jury, dans l’étude des dossiers que la Commission préparatoire vous a transmis, vous percevrez la multiplicité et l’étendue des questions qui peuvent faire l’objet d’un dialogue démocratique entre les gouvernants et les gouvernés. Et en écoutant,  aujourd’hui,  la lecture publique des 39 interpellations retenues à cet effet, vous prendrez aussi la mesure pédagogique de cet exercice des droits et libertés dans un Etat de droit que poursuit l’EID. C’est qu’en effet, à travers le jeu d’interpellations citoyennes et d’explications gouvernementales, chaque session de l’EID permet de se faire une idée de la façon dont peut fonctionner l’exercice par les citoyens, de leurs droits et libertés ; dont peut s’opérer l’appropriation, par les interpellateurs, de comportements citoyens responsables ; dont se construit le dialogue démocratique entre Gouvernants et Gouvernés, au bénéfice de l’Etat de droit et de la bonne gouvernance.
Sur ce je déclare ouverte la 22è Session de l’Espace d’Interpellation démocratique.
 
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